DANTE ALIGHIERI Châteaux de la Loire

La Dante de Tours
Qui sommes nous?
Les cours d'italien
La culture italienne
Les voyages
Histoires d'Italie
Liens
Informations légales


HISTOIRES D'ITALIE



Par Catherine Rohard

La Puglia : Un peu d'Histoire et de souvenirs...

 pour les futurs"gens du voyage" 2017

puglia
BARI et LECCE réunissent à elles seules et dans les environs toutes les beautés et toute la diversité des POUILLES : la première sur la mer se veut résolument moderne et européenne avec sa myriade d'entreprises et de commerces . La seconde un peu à l'intérieur des terres redécouvre depuis quelques décennies la beauté d'un cadre architectural exceptionnel. BARI séduit par sa magnifique basilique romane et son ancien bourg médiéval. LECCE, par son architecture baroque. Les deux villes, malgré leur style différent, dégagent une même atmosphère méditerranéenne teintée d'Orient.

La Vallée d' ITRIA est une fertile et vaste plaine cultivée de vignes et d'oliviers et parsemée de "trulli", ces maisons dont les murs et la pierre de faîte sont peints à la chaux et dont la toiture conique est couvert de pierres plates, dispersées en assises concentriques correspondent chacune à une pièce d'habitation ; aussi sont-elles groupées par trois ou quatre.Sur le côté s'élève une haute cheminée ; un escalier extérieur conduit aux greniers ; un arc avec gâble souligne la porte, l'intérieur est couvert d'une coupole. Il vous sera possible de visiter de nombreux trulli à ALBEROBELLO ; de leurs toits on jouit d'une belle vue sur l'ensemble de l'agglomération classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Les trulli ne sont pas appréciés que des touristes. Les Alberobelliens eux-mêmes les aiment, les choient et les protègent, déplorant leur disparition lorsque l'un d'eux vient de s'écrouler, faute d'attention et d'entretien. J'en veux pour preuve ce poème composé par un collégien d'ALBEROBELLO et publié dans la gazette locale de la ville :

 Tanto tempo era stato li
 immobile a sfidare acquazzoni e venti ;
 ora giace per terra come morto,
 le bianche chiancarelle sparse
 a formare una croce. Il vento ulula :
 è morto un trullo . Chi è stato ?

  Le sommet des trulli est toujours surmonté d'une figure de pierre, représentant des symboles divers, d'origine très ancienne, sur laquelle d'ailleurs les historiens ne s'accordent pas toujours. Ils représentent en général des éléments naturels, soleil, lune, astre, ou des symboles chrétiens comme la croix rayonnée, le coeur enfléché, le Soleil-Christ, ou encore des signes zodiacaux ou magiques, comme le trident ou l'oméga. Ces figures attestent l'ancienneté de ces trulli, et surtout les influences exercées par les différents conquérants : Byzantins, Lombards, Sarrasins et Normands. Ils disent à leur façon l'histoire tourmentée dans les terres où l'Islam et le Christianisme n'ont cessé de se combattre et de se mêler. Un croissant de lune au sommet d'un trullo en dit plus que bien des livres. La mémoire ne meurt pas dans ce pays puisqu'elle prend le ciel à témoin.
  La technique de la pierre sèche se retrouve sur le pourtour de la Méditerranée : nuraghi de Sardaigne ou bories de Provence, mais ici l'ampleur du phénomène a créé un paysage particulier. Ces taches gris et blanc, ou tendrement colorées, viennent se mêler au feuillage argenté.

  En venant à LECCE en février 2001, j'ai découvert sous les termes de baroque et rococo, une fantaisie légère, d'élégance folle et de grâce heureuse :
 
" Cette ville n'est pour ainsi dire, toute entière qu'une sculpture et qu'une mignardise. Les enjolivements maniérés se tortillent aux balcons des maisons, un peuple de statuettes contournées gravite au-dessus des portes, des colonnettes se profilent après des colonnettes et des frontons après des frontons. Les églises déploient des façades fantastiques parées de festons, d'astragales, des corps se replient, des bras s'arrondissent, des draperies se cassent, des anges ouvrent leurs ailes. "
                                                                          Paul Bourget, Sensations d'Italie.

  A Martina Franca, Cetti toujours en 2001, nous avait entraînés dans le surprenant Palazzo Ducale construit par la famille des Caracciolo : après avoir franchi l'escalier monumental donnant le ton, nous tombions sur les salons décorés de fresques réalisées par Domenico Carella au XVIIIe siècle, confirmant la richesse et la puissance de la grande famille napolitaine (les salons faisant partie de l'actuelle Mairie). Débouchant de la route de Cistermino, OSTUNI, nous apparut telle une couronne d'une intense blancheur. " On dirait ORAN, au soleil ponant", s'exclame Serge Carrasco !
  Le pavement de la Cathédrale d'OTRANTE ressemble à un grand tapis persan mosaïqué, des chiens donnant la chasse à une horde d'animaux féroces qui grimpent le long des branches de l'arbre.
  Le sanctuaire Santa Maria di LEUCA (ou de Finibus Terrae) aurait été construite sur les restes d'un temple dédié à Minerve.
  Sur la promenade du front de mer, des villas dès la fin du XIXe siècle ont commencé à fleurir.
  De LEUCA - si vous avez le temps, vous pourriez faire aussi un petit saut jusqu'au village d'ALESSANO à 11 km par la S275) où se trouvent une superbe église baroque et des palais des XVIe et XVIIe siècle.
  La vieille ville de GALLIPOLI, campée sur son île et reliée à la terre ferme par un pont, n'a pas été touchée par le développement du Borgo Nuovo. Elle a conservé son caractère. A l'entrée de la ville, s'élève une fontaine gréco-romaine, La Fontana Hellenistica, et qui représente les métamorphoses de Circée.
  GALATINA, centre agricole qui s'est développé autour de l'industrie du tabac, possède un exemple rarissime d'architecture gothique, dans la région : la Chiesa Santa Caterina d'Alessandria édifiée entre 1384 et 1391, par la famille Orsini. On se croirait véritablement à la Basilique de Saint François d'Assise : de fort belles fresques du XVe siècle représentent, à côté des fresques de l'Ancien et du Nouveau Testament, la Vie de Sainte Catherine évidemment.
  Le Musée National Archéologique sur le Corso Umberto de TARENTE est incontournable : à voir absolument pour ses magnifiques céramiques de la période hellénistique ( vases à fond noir ou rouge) et pour les bijoux (les "Ors de Tarente") qui nous avaient éblouis.
  Le gigantesque complexe sidérurgique d'ITALSIDER a, hélas, dénaturé et bouleversé le paysage des alentours de Tarente. Le sort de TARENTE a toujours été lié à son port naturel. Ce sont des populations venant de SPARTE attirées par cette rade exceptionnelle qui fondèrent vers le VIIIe siècle avant J-C la ville de TARAS sur l'île qu'occupe aujourd'hui la vieille-ville.
  Nul doute que cette ITALIE au goût d'Orient n'a pas fini de vous séduire.... Belle rencontre avec la Magnia Grecia, C.R.